Guinafnews

Boni Yayi va-t-il appuyer Colonel Doumbouya et le CNRD ?

Suite au discours du Colonel Doumbouya, dans lequel il a déclaré : « quand on s’attaque injustement aux peuples malien, ivoirien, sénégalais, on verra automatiquement la Guinée sur sa route. Le patriotisme des guinéens n’est pas à démontrer. Nous ferons tout pour défendre la souveraineté de notre pays. Depuis la prise du pouvoir par le CNRD, nous nous battons pour défendre les intérêts du peuple« , de nombreux acteurs sociopolitiques guinéens se questionnent sur les déclarations du Médiateur Thomas Yayi Boni.

C’est lors de la rencontre au Palais Mohamed V, avec la délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dirigée par le Médiateur Thomas Yayi Boni pour la présentation de l’accord sur un chronogramme, que le le Président de la transition guinéenne a prononcé ces propos. Et l’ancien président béninois, médiateur de la CEDEAO pour la Guinée, a commenté : « Nous avons reçu le message 5/5. Ceci montre sa détermination à consolider les relations entre la Guinée et la CEDEAO. Ce que le président vient de dire est en communion d’actions avec les autres chefs d’Etat du gouvernement de la Cedeao (…) une fois de plus toute notre gratitude au peuple guinéen, également les membres du gouvernement avec à leur tête le Premier ministre’’.

Poursuivant, il rassure que le travail du chronogramme accepté par les autorités guinéennes « a été un travail bien fouillé. C’est un travail de qualité fait par des experts de légitimité internationale de la Cedeao et de la République de Guinée pour aboutir à ce programme consolidé’’. Précisant que ‘’tout ce qui nous reste à faire maintenant, c’est de rendre compte à la Conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO. Nous allons commencer le vrai travail pour rendre cette transition inclusive. Nous allons faire les structures« , il a appelé les guinéens à ‘’l’union sacrée autour de la transition pour qu’elle soit une réussite dans l’intérêt du peuple’’.

Des commentaires qui ont été mal accueillis dans de nombreux milieux qui souhaitent « la fin de ce régime répressif et ethnocentriste qui veut usurper le pouvoir. C’étaient eux le bras armé du pouvoir dictatorial d’Alpha Condé. Nous, nous souhaitons que la CEDEAO nous aide à organiser des élections inclusives et transparentes car, depuis toujours, sauf en juin 2010 lors du premier tour de la présidentielle, aucune élection n’a été démocratique en Guinée. Nous espérons qu’au Sommet des chefs d’États de la CEDEAO, en décembre, nos voies seront entendues pour que l’organisation considère que cette transition a débuté en mai ou juillet 2022 et le fasse accepter à ce pouvoir de Doumbouya« .

Le quatuor doit changer de stratégie

Présent au siège de l’UFDG, pour une cérémonie dédiée aux victimes des répressions de jeudi et vendredi dernier, et répondant aux questions de militants et sympathisants de l’ANAD, alliance politique dirigée par Cellou Dalein Diallo et dont il est un des vice-présidents, Diabaty Doré, Président du RPR, a indiqué : « il ne faut pas qu’on vous mente. Le communiqué de la CEDEAO hier (vendredi 21 octobre, ndlr) n’a pas donné une date précise par rapport à la durée des 24 mois (…) il ne dit que ça va commencer à partir du 1er janvier 2023. Nous n’accepterons pas. Ce n’est pas une dictature, une monarchie qu’on va installer en Guinée comme le Tchad. Ça ne se passera pas en Guinée. Et la CEDEAO ne peut pas aller discuter avec la junte, avec le gouvernement sans les acteurs majeurs ».

Pour un commentateur présent à cette cérémonie, « le quatuor doit repenser ses stratégies, comme le leur a conseillé Bah Oury. Il est préférable d’être présent aux tables pour échanger, dialoguer, se concerter, négocier… C’est là-bas que l’on peut obtenir ce que l’on veut. Les manifestations ne le permettent pas et, malheureusement font beaucoup de victimes. Si le quatuor avait accepté de rencontrer les facilitatrices, sans doute que leurs points de vue auraient été pris en compte par les experts de la Cedeao. En tout cas… cette stratégie doit changer. Il est urgent qu’ils fassent un lobbying auprès des chefs d’États de la CEDEAO, comme le font le CNRD et son gouvernement ».

Mamadou B. BAH (collaboration B. O. MAHMOUD)  

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.