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Guinée: une fracture sociale qui ronge désormais le dernier rempart (le barreau de Guinée) du peuple contre la division et l’injustice !

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À peine ouvert, le procès des évènements du 28 septembre 2009 a pris des tournures regrettables et inquiétantes. En plus de mettre à nu les carences de certains hommes en robe noire guinéens, ce procès qui polarise les attentions depuis quelques jours a révélé le vrai visage de certains parmi eux qui ne se gênent pas de détenir des propos à essence communautaire. Le vaillant peuple de Guinée est indigné. Des avocats qui ne savent pas qu’un patois, c’est un dialecte parlé par une population peu nombreuse ? C’est une humiliation pour le barreau de Guinée.

Mais, plus grave encore, certains parmi ces avocats, obnubilés par une passion dominante, ont tenté de donner une connotation ethnique et religieuse aux débats. À proprement parler, l’audience du mercredi 26 octobre 2022 a mis à poil le mal qui ronge la société guinéenne depuis belles lurettes: le repli identitaire.

Quel sera l’avenir de notre resplendissant pays ? Cette question mérite d’être posée aujourd’hui, car quand des hommes en robe noire de l’un des maillons le plus important de notre société, choisissent le prétoire délocalisé de Dixinn, dans le cadre du présumé massacre du 28 septembre 2009, pour tenter d’opposer des communautés, cela devrait inquiéter les guinéens. La société guinéenne est malade de cette réalité sans véritable nom : l’ethnocentrisme.

Même le couplet client-avocat laisse transparaitre une dose de l’instinct grégaire. À l’avenir, il serait important d’y veiller, car nous sommes dans une République qui est à l’antipode de ces considérations subjectives.

La déontologie devrait guider les avocats dans leurs démarches et leurs interventions. Ils doivent se mettre au-dessus des considérations qui ne favorisent pas le renforcement de la paix et la cohésion sociale. Quand des personnes sur lesquelles le peuple doit compter pour la manifestation de la vérité dans ce rocambolesque dossier des malheureux évènements du 28 septembre pour qu’à l’issue les guinéens puissent fermer cette page douloureuse de leur histoire, tiennent à cœur joie des propos à relent ethnique, nous nous demandons à quel saint se vouer désormais.

En effet, la phase questions/réponses du mercredi 26 octobre 2022 a été émaillée des dérapages du fait des propos nocifs tenus par certains avocats de la défense lors de la 4ème comparution de l’ex-aide de camp du Président Dadis Camara, le Commandant Aboubacar Sidiki Camara alias ‘’Toumba’’. Une véritable situation honteuse pour la Guinée dont l’image s’en est trouvée écornée.

Face donc au manque d’objectivité de certains hommes en robe noire et la reprise de façon obsédante des propos graves et regrettables, le Bâtonnier de l’ordre des avocats, Me Djibril Kouyaté, a, en plus de « demander pardon au tribunal pour les déclarations faites qui n’honorent pas le barreau de Guinée », sollicité la suspension de l’audience pour quelques minutes afin de remettre les pendules à l’heure. Quelques temps après cet entretien, l’audience a repris.

Les questions qui se posent aujourd’hui : cette discussion entre le Bâtonnier de l’ordre des avocats et les défenseurs à ce procès changerait-elle l’attitude d’une bonne frange de cette corporation ? Le passage des autres accusés n’accroitrait-il pas l’effet de la communautarisation de ce procès ?

En toute vérité, certains avocats guinéens ne méritent pas la robe noire qu’ils portent. Ho ! Ha ! Miséricorde ! Bon Dieu ! Les tournures que les évènements sont en train de prendre concernant ce difficile et historique PROCÈS DES ÉVÈNEMENTS DU 28 SEPTEMBRE 2009, devraient inquiéter plus d’un guinéen notamment quant à l’avenir de notre patrimoine commun. En manque d’arguments et complètement en perte de vitesse, certains avocats veulent prendre ce sentier interdit pour tenter de vider de sa substance cet historique procès pour l’envoyer sous l’angle des considérations ethniques, en jouant sur des fibres ethniques.

Plutôt que d’être un vecteur de réconciliation, si des dispositions ne sont pas prises dès maintenant, ce procès risque de diviser davantage les guinéens. Les agissements de certaines personnes aujourd’hui confortent la position de ceux qui pensent que certains esprits ne sont pas suffisamment préparés pour la tenue d’un véritable procès juste, équitable et débarrassé de toutes considérations subjectives.

On a vraiment tous honte aujourd’hui. Même bien articuler en français, certains avocats ont du mal. C’est vraiment surréaliste. Quand ils s’expriment, on a du mal à appréhender le fond de leurs pensées, tellement que les phrases sont décousues et des questions mal formulées.
En clair, on n’a même pas besoin d’être un professionnel du droit ou un théoricien du langage pour comprendre aujourd’hui que certains avocats, en plus d’être incompétents, font la honte de leur corporation. Il suffit juste de suivre avec attention ce procès pour réaliser combien de fois certains parmi eux ont besoin de stages, de formation supplémentaire et de rappel des règles de déontologie. C’est vraiment pathétique.

Que Dieu veille sur notre pays. Amine !

Sayon MARA, Juriste

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