Macky Sall sur les violences entre 2021 et 2023 : « Des gens ont voulu, profitant d’une situation particulière, utiliser la violence pour arriver au pouvoir.. Ce que je ne pouvais pas accepter… »
À la veille de sa déclaration en marge de sa candidature au poste de secrétaire général de l’Onu, Macky Sall au ton à la fois solennel et offensif, a retracé les grandes lignes de ses douze années au pouvoir, défendu la loi d’amnistie de 2024 et rejeté catégoriquement les accusations portées contre lui concernant la répression des manifestations.
Élu en mars 2012 puis réélu en février 2019, Macky Sall rappelle avoir exercé un premier mandat de sept ans réduit à cinq ans pour les mandats suivants à la suite d’un référendum qu’il a lui-même initié avant de quitter le pouvoir sans tenter de se maintenir. « J’avais la majorité absolue des maires. Si tel avait été mon choix, j’aurais peut-être pu rester. J’ai choisi la démocratie », a-t-il affirmé.
Revenant sur la question de la violence politique qui a secoué le Sénégal entre 2021 et 2024, l’ancien chef de l’État a rappelé le bilan sombre des événements malheureux issus des manifestations avec des maisons de citoyens incendiées, des locaux de presse saccagés, des magistrats menacés, des chantiers du Train express régional et du Bus rapid transit sabordés, l’université de Dakar brûlée et des victimes dans des véhicules de transport public ciblés par des actes qu’il qualifie de « terroristes ». « La survie de la République était engagée », a-t-il insisté, justifiant la réponse de l’État par son serment de défendre les institutions.
Face aux accusations d’avoir ordonné des violences contre des manifestants, Macky Sall a répondu sans sourciller : « Ai-Je donné l’ordre à qui que ce soit d’aller tuer des jeunes ? » C’est un récit qu’il qualifie de « contraire à la réalité » et « totalement en déphasage avec les faits ».
Concernant la loi d’amnistie, votée début 2024, l’ancien président en revendique l’initiative tout en admettant qu’elle a été adoptée « contre la volonté de son camp ». Il la présente comme un acte d’État, guidé par l’intérêt national : « L’intérêt du Sénégal n’était pas de laisser des gens en prison et un pays en feu. » Cette loi a permis la libération des détenus politiques, dont Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, qui ont remporté l’élection présidentielle de mars 2024.
Macky Sall a cependant rappelé que l’abrogation de cette loi reste possible. « Si l’on veut revenir sur ces événements, il faut abroger la loi d’amnistie. À ce moment-là, les dossiers ressortent et l’on saura qui a fait quoi », a-t-il servi.
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