Contre La sansure

Mamadou Sangaré: «J’ai un maillot de Marc-Vivien Foé à la maison»

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Le jour où le Camerounais Marc-Vivien Foé s’effondre à Lyon, un gamin de Bamako souffle pile sa première bougie. Vingt-deux ans plus tard, ce même enfant, Mamadou Sangaré, est sacré Prix Marc-Vivien Foé 2026, premier Malien de l’histoire à recevoir la distinction. Fan déclaré de Seydou Keïta, numéro 8 dans un Bollaert conquis, le joueur du RC Lens a tout pour s’inscrire dans la lignée des grands milieux maliens.

 

Lens est deuxième de Ligue 1, derrière le PSG, et qualifié pour la finale de la Coupe de France face à Nice. À Bollaert, on ne parle plus d’adaptation, mais d’ascension. « C’est un milieu complet parce qu’il a beaucoup évolué ces derniers temps, poursuit Haïdara. C’était un numéro 10, il jouait un peu plus offensif. Aujourd’hui, il est relayeur, mais il peut même jouer sentinelle.

Sur le banc lensois, Pierre Sage, son entraîneur, complète le portrait déjà élogieux. « C’est un joueur qui est généreux, mais pas généreux au sens simplement de l’effort, explique-t-il. Il est généreux avec le football. Il donne une approche, un rendu de celui-ci qui est à la hauteur de ce que les gens attendent dans un stade : bien utiliser le ballon, beaucoup courir, marquer des beaux buts, être très solidaire avec ses partenaires. Il correspond à la fois au jeu à la lensoise, mais aussi il met en exergue tout son talent au service du jeu collectif. Donc c’est vraiment, selon moi, ce que j’appelle un joueur d’équipe. »

Héritier de Seydou Keïta

À Lens, Sangaré coche toutes les cases. Et quand il enfile le maillot Sang et Or frappé du numéro 8, les anciens voient le fantôme de Seydou Keita, un des premiers Maliens à avoir marqué de son empreinte le club nordiste. La comparaison est sur toutes les lèvres : mêmes origines, même poste, même pied, même numéro. « Franchement, ça fait plaisir, reconnaît-il. Seydou, tout le monde le connaît : ça a été un grand joueur et un grand homme. Être comparé à lui, c’est quelque chose de vraiment grand et j’espère vraiment suivre ses traces, et pourquoi pas le dépasser. »

Pierre Sage, lui, voit dans cette filiation plus qu’un simple jeu de ressemblances. « Ce qui est intéressant quand il y a des joueurs qui, par le passé, ont mis la barre très haut, c’est que ça donne de l’ambition à celui qui est comparé. Aujourd’hui, c’est vrai qu’il a des prédispositions à faire une très belle carrière. Il a devant lui, dans l’histoire de son pays et dans l’histoire même de ce club, un bel exemple. Donc qu’il s’appuie dessus, c’est une chose, mais qu’il garde aussi sa singularité parce que c’est celle-ci qui lui permettra d’être un joueur différent de Seydou. »

Garder l’héritage et la singularité et écrire la suite de son histoire ; celle d’un gaucher qui, des terrains poussiéreux de Bamako aux soirées de Ligue 1, va désormais fouler les pelouses de la Ligue des champions la saison prochaine. Un destin dont il a certainement rêvé un matin à 5h, lorsque le Mali dormait encore…

Par :Ndiasse Sambe

https://www.rfi.fr/fr/afrique-foot/20260511

 

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